Les années 80 : années charnières ?
Les années 80 ne cessent de se rappeler à nous. Elles font même partie de nous. Leur énergie, leur créativité, leur liberté… nous ont laissé tant de souvenirs. Mais elles semblent aussi faire rêver les plus jeunes. Pour preuve, ce printemps, le succès de Juste une illusion où l’on suit, en 1985, une famille en banlieue parisienne (toujours bizarre de se dire qu’aujourd’hui, ce sont des « films d’époque ») et celui du biopic consacré à Michael Jackson dont les ventes de CD et d’écoutes numériques ont explosé. Tout comme la série phénomène auprès de la génération Z de ces dernières années, Stranger Things, qui a même propulsé Kate Bush (Running up that hill) dans tous les tops streaming et téléchargements après son passage dans la BO. Jean-Jacques Goldman, pourtant en retraite très anticipée depuis près de 20 ans, reste une des personnalités préférées des Français. Etc.
Années 80 : De mes 20 à 30 ans.
Pour être exacte, la décennie commence sur mes 18 ans. Bac en poche puis le permis, la vie est pleine de promesses.
Je plante le décor dans ce post : Pourquoi nos 20 ans nous fascinent ?
Je découvre les USA pour les vacances, mon père vient d’y déménager. Je me prends une vraie claque en découvrant New York et le rap US. Je te parle d’un temps où l’Amérique faisait vraiment rêver ! 5 années d’études universitaires suivies d’un premier job (trouvé très rapidement) d’un deuxième (obtenu tout aussi facilement). Je bosse dans la pub, c’est l’âge d’or de cette profession et c’est vraiment fun ! En plus je suis dans l’agence en charge de Sony. Je vais être aussi en première ligne d’ innovations enthousiasmantes. Nous avons lancé le Walkman, le Discman, la télé à écran plat, le caméscope…. J’en ai rêvé, Sony l’a fait (Y’en a qu’y ont la ref ?). J’ai eu ma première voiture (une Autobianchi d’occas). Je me suis mariée. Je me suis construit des amitiés solides, des amis toujours présents et essentiels dans ma vie (je me demande d’ailleurs pourquoi on se fait de moins en moins de vrais amis avec le temps). Ces années m’ont construite. Les films que j’ai vus, la musique que j’ai écoutée — souvent en concert — et les événements traversés sont le cadre de mes débuts de la vie d’adulte.

Les années 80, une place prédominante dans la pop culture.
Avancées technologiques, mouvements culturels et phénomènes de société… les eighties fascinent toujours. Et pas que les boomers. Les plus jeunes veulent aussi y voir une certaine forme de liberté à la fois visuelle et culturelle, de l’audace et même un optimisme un peu naïf. Les révolutions technologiques vont poser les bases de la société numérique actuelle. Le lancement du Macintosh, en 1984, par Apple a marqué une étape majeure dans l’informatique domestique. En 1989 , c’est le World Wide Web qui va tout bouleverser.
Et surtout sa culture parle à tout le monde, fait partie de l’histoire collective. Beaucoup de choses sont devenues cultes (même si je n’aime pas trop ce mot souvent utilisé à tort et à travers.).
Un réel éclectisme musical.
La pop avec des artistes comme Michael Jackson (L’album Thriller, sorti en 1982, reste l’un des plus vendus de tous les temps), Madonna, Prince… Le RnB avec Whitney Houston ou Kool and the Gand, la soul avec Sade. Bien sûr le rock avec The Cure, Guns N’ roses, U2…L’émergence du hip hop avec Grandmaster Flash. MTV va faire exploser une nouvelle forme d’expression pleine de créativité pour les artistes : le clip.
Des films « événements »
Hollywood a connu un véritable âge d’or durant les années 80 avec des films devenus des « classiques »: Retour vers le futur, E.T., Top Gun, Star Wars… Et aussi Dirty dancing, Out of Africa, Shining, Indiana Jones, Quand Harry rencontre Sally, Scarface… En France, c’est le début du phénomène de La boum. Isabelle Adjani nous époustoufle dans L’Été meurtrier tandis qu’on plonge tous dans Le Grand Bleu. Etc.
La télé se met aux séries.
Dallas, Dynastie, K 2000, MacGyver, Miami Vice ont captivé des millions de téléspectateurs. Bon, on ne pouvait pas encore les « binge watcher » à cause de leur diffusion hebdomadaire et un épisode raté ne se rattrapait pas. Mais ces séries à épisodes ont créé une culture télévisuelle forte.
Effervescence artistique.
À New York, l’art envahit l’espace urbain et voit émerger Jean-Michel Basquiat, Keith Haring, Jeff Koons… Dont les œuvres sont aujourd’hui inestimables.
La mode « power dressing ».
Épaulettes, tissus lurex, couleurs vives… C’est l’apogée des logos, des marques… La tenue, les accessoires, le maquillage, la coiffure doivent être ostentatoires. Tout était pensé pour sortir du lot et afficher une forme de pouvoir. À l’image des tailleurs aux épaules XXL portées par Mélanie Griffith dans le film Working Girl. Le courant vestimentaire apparu dans les années 1980 est aussi un compromis entre les codes masculins et féminins.
À l’époque, Grace Jones (muse de Jean-Paul Goude, d’Andy Warhol) était une icône de mode à l’extravagance hors norme. Quant à Madonna, elle déambulait à Venise avec un lion, coiffée d’un voile de mariée et parée de chapelets. En même temps, nous découvrions le sportswear ultra moulant et les guêtres avec Jane Fonda qui nous mettait, en VHS, à l’aérobic.
Régulièrement, les créateurs reprennent certains codes de la mode des années 80 : le color block, les jeans taille haute… Pour l’hiver 26/27, les amoureuses de couleurs flamboyantes et de coupes surdimensionnées vont être ravies. Adieu le « quiet luxury ». Perso, pas sûre de revenir aux épaules démesurées (et à la permanente).
Evidemment, tout n’était pas rose (fluo).
Le chômage commence à devenir un problème de société. Le sida sonne dramatiquement le glas du « jouir sans entrave » de mai 68. Coluche lançait les restos du cœur qui ne devaient être que passagers mais toujours indispensables de nos jours. Cela peut péter à tout moments entre les USA et l’URSS. La guerre Iran/Irak fait un million de morts. La catastrophe de Bhopal en Inde est l’accident industriel le plus grave jamais relevé, et celle de Tchernobyl, le plus important accident nucléaire.
Nous allons vite déchanter. En 91, Mylene Farmer (qui fait toujours de phénoménales tournées à guichets fermés) le chante dès 91:
Si je dois tomber de haut
Que ma chute soit lente
Je n’ai trouvé de repos
Que dans l’indifférence
Pourtant, je voudrais retrouver l’innocence
Mais rien n’a de sens, et rien ne va
Tout est chaos
A côté
Tous mes idéaux : des mots
Abimés…
Je cherche une âme, qui
Pourra m’aider
Je suis
D’une géneration désenchantée
Désenchantée
Alors, je ne veux surtout pas entrer dans la caricature de la vieille qui ne cesse de répéter que c’était mieux avant. Mais je me dis que malgré tout, j’ai eu beaucoup de chance de me construire dans cette décennie-là. Mes enfants me le disent d’ailleurs, eux qui doivent tenter de s’épanouir dans un contexte si anxiogène.
Et vous, vous les aimez ces années 80 ?
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