Accumuler vs s’alléger !

Accumuler ou s’alléger : telle est la question?

Surtout à nos âges où ce ne sont plus des valises que nous trimbalons mais toute une collection de malles cabines. Au sens propre comme au sens figuré.

Nous sommes à un âge où nous avons forcément accumuler. Notre vie meuble nos maisons.

Mais on peut également ressentir le besoin d’aller à l’essentiel, de s’alléger du superflu.

S’alléger pour mieux vieillir? On peut se poser la question.

D’ailleurs, une nouvelle leçon de bonheur à la suédoise, le “lagom” nous incite à plus de minimalisme. Le lagom signifiant littéralement “juste ce qu’il faut”.

Perso, j”adoooooore trier, ranger, jeter, donner, me débarrasser, faire le vide…

Tout autant qu’acheter, remplir, me remplir, dépenser…

C’est pathologique, j’en conviens !

Je suis le genre de nana pour qui finir et jeter un pot de moutarde peut procurer une réelle félicité.

Comme si ce condiment abandonné au fond d’une poubelle était une promesse d’une vie nouvelle et non juste celle d’un nouveau pot de moutarde.

 

Faire de la place… au vide.

J’aime bien le concept qui a fait le succès littéraire mondial de Marie Kondo avec La magie du rangement : “Si un objet ne vous met pas en joie, il doit filer illico.”.

Mais la notion de “vide” est une de mes pires angoisses. Que je contre par une forme d’hyperactivité.

C’est d’ailleurs une de mes peurs dans le fait de vieillir. La vieillesse pour moi pourrait signifier une vie “vide” de sens, d’activités, de projets, de gens…

Dans L’art de l’essentiel (J’ai lu), Dominique Loreau, met en perspective 2 choses :

L’accumulation d’objets est quelque chose qui stabilise notre identité.

Mais

Elle peut devenir écrasante et nous enfermer dans une routine pesante.

Jeter l’inutile et le superflu peut aider à faire de l’espace en soi.  Car un trop plein nous vide !

Dominique Loreau aimerait en fait nous enseigner un “art de vieillir” :

” Nous changeons tout au long de notre existence, mais c’est vers la cinquantaine – soit à peu près à la moitié de sa vie – que nous changeons vraiment…. Cette décennie est le moment idéal pour laisser un stade de sa vie derrière soi et passer au suivant.”

Je me demande parfois ce que mes enfants emporteront avec eux quand ils quitteront la maison. Je pense qu’aucun d’entre-eux ne se battra pour emporter un meuble ou un objet parmi lesquels il a grandi.

Alors je me suis posée la question, quand ils partiront, et que je dégagerais pour un logement plus petit, qu’est-ce que j’emporterais sans aucun doute? Parce que je ne pourrais vivre sans :

Des objets qui racontent mon histoire et mon attachement pour ceux qui l’ont constituée.

 

Mes albums photos… of course.

 

 

J’en ai une vingtaine Toute ma vie. Et, je fais toujours développer mes photos pour continuer à les enrichir. Ce qui est aussi un vrai plaisir sur le moment. On fait ses albums photos en pensant à la joie que nous procurera la re-visite de ces bonheurs passés enjolivés avec les années. Bon, je ne les feuillette pas tant que cela. Mais je sais qu’ils sont là.

 

 

 

Mes “gris-gris”.

 

Ces quelques objets sont dans ce petit panier sur ma table de nuit. Le bracelet de naissance de ma fille (j’ai perdu celui de mon fils). Une veille photo déchirée de mon enfance avec ma grand-mère maternelle. Une petite Sainte Rita, je ne suis absolument pas croyante mais bon, cette sainte des causes désepérées me rappelant aussi les épreuves surmontées. La chevalière de mon père, les 4 singes de la collection de ma mère, tous les deux disparus.

Et, puis, ce bracelet, acheté en terre masaï par Antoine, lors de nos dernières vacances passées ensemble. Nous nous sommes connus, nous avions une quinzaine d’années. Il est mort il y a 5 ans. Mon plus bel amour, mon plus grand traumatisme, mon plus gros chagrin. Pas une seconde, je n’avais imaginé que nous ne vieillirons pas ensemble.

 

Un portrait nu de ma grand-mère !

 

 

 

Oui, vous avez bien lu. Dessiné par un de ses nombreux amants en plus :). J’aime profondément ce dessin. Qui me rappelle que ma grand-mère, qui s’est beaucoup occupée de moi pour compenser des parents un peu absents, était une sacrée bonne femme. Une belle femme libre, divorcée deux fois avant la fin des années 50. Et, même si des hommes ont traversé nos vies, j’ai vraiment l’impression d’être issue d’une famille de femmes (ma grand-mère a eu 4 filles) un peu “guerrières” mais joyeuses #FemmesJeVousAime

 

 

 

 

Ma collection de CD et de 33 tours encadrés.

 

 

Même si je les écoute de moins en moins, la présence de mes CD me rassure (et  j’ai mes vinyles à la cave). Mon i Pod a pris le relai. Je me demande même si je suis toujours capable d’écouter un disque en entier! Mais je garde ces CD précieusement. Alors que je n’ai pas de bibliothèque, je ne “collectionne” pas les livres que j’ai lu. Tout ce que j’écoute ou ai écouté a forgé celle que je suis. Mes années rebelles avec le punk ou baba cool à chanter du Bob Marley. Celles où j’ai aimé sur des slows torrides ou dansé de plaisir sur Prince… Dis-moi ce que tu écoutes, je te dirais qui tu es.

Et encore aujourd’hui, j’aime qualifier ma façon de voir la vie de “rock&roll” !

 

Ma robe Alaïa.

 

 

J’avais 18 ans. Mon amie Katia dont les parents avaient des boutiques de fringues m’a offert cette robe. La première fois que j’atteignais l’inaccessible. Cette robe m’a procuré tellement de joie et de fierté. Et marque le début d’une loooooongue histoire d’amour avec mes placards. Je me demande souvent quel sera mon rapport avec les vêtements quand je serais vraiment vieille !

(Non, je ne rentre plus dedans depuis un petit moment)

 

 

 

J’aurais pu rajouter ma collection de sable des plages foulées dans le monde. N’étant jamais plus heureuse que quand je suis ailleurs. Ce paquet de vieilles lettres de mon adolescence avec des missives d’Antoine qui, du fin fond de ses vacances corréziennes, se demandait ce qui lui manquait le plus. Moi… ou sa moto ! Etc. etc.

Et vous que mettriez-vous dans votre petit musée perso?

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32 comments on “Accumuler vs s’alléger !

  1. Je me pose la question : garder pour soi, ok, mais je pense que nos enfants se fichent pas mal de nos ‘trésors’ dans les armoires, de nos albums photos, de tous ces bibelots qui ne représentent rien pour eux. Je garde un peu, mais pas trop parce que je pense que tout ira à la poubelle quand nous ne serons plus là.

    • Ils garderont peut-être les photos 🙂

  2. moi je ne garderai pas grand chose ,le plus précieux est dans mon cœur le souvenir de ma grand-mère , mon amour pour mon chéri, mes sentiments pour mes amis, ma foi ; en attendant je fais le vide de mes placards çà je le fais depuis toujours et surtout je m’allège de mes valises familiales et limites personnelles . Je me libère.
    ton article est hyper émouvant , précieux . bon week end bise

    • Merci beaucoup et bien sûr que le plus précieux est dans nos cœurs. Bon we. Virginie

  3. J’ai adoré Dominique Loreau et je suis passée à l’essentiel. J’ai une boite avec quelques souvenirs que je n’arrive pas à jeter mais j’ai fait un vide phénoménal. J’ai largué les valises et n’ai gardé que l’essentiel. Que du bonheur cette sensation de légèreté.

    • Je suis sûre que cela fait vraiment du bien mais pas facile de faire les choix : je garde, je garde pas !

  4. Quel beau témoignage tellement d’actu ! j’ai quitté 110m2 pour ma “boite à chaussures” de 40m2 bien forcée de laisser les armoires et meubles de famille dont ne veut pas ma fille unique, j’ai gardé les albums de photos mais donné tous les cd, triés les vêtements Elle (ma fille) me reproche alors de n’avoir pas gardé des robes Azzaro Kenzo etc… et autres mais alors il me fallait une grande cave…et celle que j’ai contient les cristaux Daum et Baccarat qu’elle aimera peut être à son retour d’Asie. Tout change à nos âges et dans notre mode de vie parisienne où la place fait défaut donc il faut s’alléger Bravo pour votre article qui résonne en moi. Je ne garde même plus les livres ou très peu et dans la galerie Inno Passy il y a des petites étagères où l’on peut déposer des livres dont on veut se débarasser cela me donne bonne conscience !

    • C’est vrai que cette robe Alaïa, je l’ai gardé pour ma fille, mais je ne suis pas sûre qu’elle aura un jour envie de la mettre. Bon we.

  5. accumuler et …en même temps… s’alléger !
    accumuler les souvenirs, les rires, les envies…
    et s’alléger des obligations que l’on se donne encore sans vraiment trop savoir pourquoi…

    • accumuler les envies est effectivement le plus important. Bises

  6. « Et vous que mettriez-vous dans votre petit musée perso? »

    Très bonne question réflexive.
    Franchement hein mais vraiment franchement, je n’en ai aucune idée. Et c’est parce que je n’en sais rien que je sais qu’aucun objet que je possède détient une matérialité émotionnelle qui me serait consubstantielle.
    Un objet, un meuble, un vêtement ne sont rien d’autres que ce qu’ils sont, quelqu’en soit leur origine.
    Dans les vide-greniers que je fréquente assidument, j’ai pu voir des tas de photos privées et pas du siècle dernier. Des gens à la mer, au ski, des photos de mariage, c’est assez troublant de voir que ces personnes se retrouvent sur un stand exposées aux regards de curieux. Mais qui pourraient acheter de parfaits inconnus ?
    Que de mystères.

    • Je me suis souvent posée la même question sur les photos dans les vide-greniers.

  7. Pour le moment nous continuons à conserver et à amasser dans nos grandes maisons. Nos enfants ne veulent pas de nos meubles que nous appelons anciens mais qui pour eux sont tout simplement des meubles de vieux, des argenteries héritées et qui doivent être nettoyées régulièrement, des verres en cristal qui ne vont pas au lave-vaisselle… Courage, fuyons ! Nous ne nous posons pas la question de ce qu’on doit garder ou jeter et nous évitons de regarder les photos et souvenirs des disparus.

    • j’adore trop les photos pour ne pas aimer les regarder de temps en temps.

  8. Bravo Virginie pour ces thèmes qu’on affectionne – ton texte est touchant – et j’ai un credo : tenir la nostalgie à distance

    • C’est souvent la nostalgie qui nous rattrape 🙂

  9. Merci pour ce bel article, je vais essayer de trier….

  10. Je ne sais pas si tu habites chez moi ou bien si j’habite chez toi… à deux trois traits de collections près. J’en suis à la même question. Faire le vide. Mais comment… Quand et pourquoi ! Excellent article.
    Moi, je n’ai jamais su. Pas faute d’avoir essayé.
    Mon fils vient de partir de la maison. C’est certain, ils ne prennent pas ce qui rappelle la maison de leur ancêtre. Je confirme. Mais c’est naturel. Ils doivent construire leur chez eux et leur avenir avec du neuf sans cordon ombilical, c’est vers 40/50 ans qu’on recherche à nouveau la connexion cordon… Ce n’est pas agréable, mais je ne récupère rien de chez mes parents non plus, même si ma mère fait des listes pour les meubles et bibelots de sa maison à transmettre à chaque enfant pour son héritage… Ils finiront sûrement dans mon garage (hors quelques petits grigris et les photos précieuses sentimentales).
    “Sentimental” ! Voilà, le problème est là. C’est une question de caractère, je crois, ce besoin de vide ou de préserver à tout prix son intimité.
    Et je comprends ton besoin de ne pas toucher aux moindres souvenirs d’une vie amoureuse avec le manque cruel auquel tu dois faire face. S’adoucir le lendemain dans la douleur est primordial, vital justement.
    J’ai lu plus haut avec sourire : J’ai largué les valises et n’ai gardé que l’essentiel. J’admire.
    Je me suis abonnée à pleins de blogs “minimaliste” pour faire des efforts mais c’est très violent pour moi. Je suis trop passionnelle pour le blanc, gris, marine… Deux poufs et une table.
    Cause peut être désespérée mais je vais revoir la question. Ou pas..
    Très bon dimanche à toi

    • Merci, bon dimanche à toi également en toute sentimentalité !

  11. Bonjour, ma fille a quitté le nid le week-end dernier ; qu’a-t-elle emporté de la maison ? Pas grand chose à vrai dire ; bien sûr ses affaires personnelles et quelques photos de nous ; par contre, elle a demandé de ne rien changer dans sa chambre.
    Personnellement je n’aime pas jeter mais quand je me décide à faire du tri c’est du sérieux. Plus jeune j’étais très attachée à tout ce que j’achetais peut-être parce que la vie était plus dure pour moi et que chaque achat était réfléchi, et le fait de réussir à l’avoir un vrai bonheur ;, j’ai eu mal de tout laisser derrière moi après mon divorce,
    Aujourd’hui, si je devais partir, ça serait différent ; en y réfléchissant bien, à part mes photos (que je développe toujours car je préfère les voir sur papier) et les bijoux offerts par mon mari, je ne vois rien d’autre à emporter ; je pense qu’ à partir d’un certain âge il y a d’autres priorités dans la vie que les biens matériels ! Bon dimanche !

    • Je pense effectivement, après un divorce, il ne doit pas être simple de laisser son “mariage” derrière soi. Bon dimanche

  12. Bonjour à toutes , j’ai adoré ce partage si vrai ! Merci VirginieA 59 ans j’ai traversé comme vous toutes des obstacles qui ont fait grandir en moi un certain détachement de mon futur héritage .
    1 ou 2 petits objets apporteront un peu de paix. Les mots ,eux, solitaires ou par centaines apporteront la paix .
    Je conserve ainsi les mots que j’ai pu dire et les mots de mes petits carnets .

    • Des mots de paix… comme c’est joli à lire an tous les cas. Virginie

  13. On ne réduit pas forcément la taille de la maison lorsque les enfants s’en vont car elle est parfois située comme la mienne sur un lieu de vacances et elle continue à se vider et se remplir à intervalles réguliers de gens de tous âges, ce qui nécessite un certain équipement !!!!!…..Difficile alors de faire le vide dans tous ces jouets qui continuent à servir, la vaisselle qui remplit le lave vaisselle une fois par jour, les draps de bains étalés au soleil entre deux douches ,les couettes et les oreillers qui garnissent tous les lits, les livres depuis les vieux “Oui-Oui “en passant par Harry Potter et le dernier prix littéraire! !!!!!….
    Alors souvent je rêve minimalisme , je lis minimalisme mais je garde les pots de moutarde pour faire des verres supplémentaires !!!!!
    Il n’y a que dans nos affaires personnelles que mon mari et moi nous adonnons au plaisir du tri! !!!!!…..

    • Génial de pouvoir réussir tout le monde pour les vacances. ça, c’est du bon remplissage !

  14. Il y a 2 ans j’ai quitté une grande maison pour un appartement, certes grand mais plus petit néanmoins et avec une toute petite cave. Donc tri intensif des livres, objets et meubles.
    Je ne me rappelais pas le passage où D. Loreau dit qu’après la 50ne, il faut laisser derrière soi un stade de sa vie pour passer au suivant. C’est exactement ce que j’ai fait aussi et ça prend une forme différente : on renonce à des projets qu’on ne mettra finalement pas en oeuvre et on garde ce qu’on pense avoir envie de faire pour les années à venir.
    Quant à la transmission, évidemment les albums photos sont appréciés (par les enfants et leurs petits amis/amies et leurs enfants à venir). Je trouve ça triste ces photos qu’on retrouve dans des brocantes. Personne ne les a aimés assez ces ancêtres pour en garder une trace.
    Pour le reste…. j’ai gardé très peu de meubles anciens ou de vaisselle et linge “de famille”, difficile à entretenir. Même si j’ai nettoyé mon argenterie il y a peu…
    Restent les livres. Bien que je n’aie gardé que la moitié (ou moins peut-être) de mon ancienne bibliothèque (très très considérable), il m’en reste encore pas mal. Des livres d’enfants anciens, des livres épuisés, et des livres sur les sujets qui m’intéressent vraiment (on en revient à ce que dit D. Loreau).
    Cela étant, j’ai des amis qui font exactement le contraire et, avec l’âge, remplissent enfin la maison de leurs rêves – je devrais écrire : remplissent de leurs rêves une maison acquise tardivement.
    Du moment qu’on a plaisir à avoir ce qu’on a, pourquoi se tourmenter?

    • le plaisir est vraiment le maître mot !

  15. @ Colette Du Net
    Voilà bien les deux mots clés : place et plaisir !!!!

    • Absolument !

  16. Très bel article qui interpelle…

    Petite, j’aurais aimé que mon unique grand-mère ait un grenier gorgé de “trésors”… mais elle n’avait pas de grenier et jetait tout ce qui était ancien dès qu’elle achetait du neuf. Depuis, je pense que je remplis un grenier imaginaire de toutes mes trouvailles et souvenirs.

    Incapable donc de suivre cette tendance minimaliste (qui m’agace à vrai dire), et ce n’est certainement pas à 60 ans que je vais trancher net dans mon dressing débordant et mes boîtes pleines de colifichets.

    Je me retrouve toutefois dans ce goût du rangement que vous décrivez si bien, parce que l’accumulation peut étouffer et qu’il devient alors vital de libérer l’espace (et son esprit).

    Merci pour votre blog !

    • Merci surtout de le lire. Bonne soirée. Virginie

  17. Pareil pour la moutarde !:-)

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