*Vieilles

We are perennials !

Et voilà un nouveau terme made in US, perennials, pour parler des « nouvelles quinquas » et qui signifie littéralement  « plantes vivaces ». Finalement un bon qualificatif pour une génération qui ne veut plus jouer les plantes vertes.

Même si cela fait un peu « la nana qui s’accroche (qui ne veut pas crever) comme une moule à son rocher, j’aime bien l’idée.

Je préfère à « quinquados », rabâché depuis 2/3 ans qui sous-entend que nous n’assumons pas notre âge en voulant jouer aux plus jeunes.

En fait, difficile de définir une génération qui ne rentre pas dans les codes habituels. Et, dont les bouffées de chaleur s’intensifient rien qu’à l’évocation du mot senior ! Une génération de femmes qui n’ont rien à voir avec leur mère, encore moins avec leur grand-mère. Comme je l’ai déjà dit dans ce blog, moi, ma grand-mère à 55 ans, elle dormait à côté de ses dents. Blog que j’ai appelé Jeune Vieillis Pas, non pas parce que je suis frappée de cécité quand passe devant une glace, mais parce que j’ai l’impression « d’âger » sans me sentir vieille.

Le rajeunissement est objectif selon les sociologues. Les plus de 45 ans ont une santé physique bien supérieure aux générations précédentes, ont gardé un état d’esprit rebelle et une envie de profiter des plaisirs de la vie.

En fait Jeune Vieillis Pas, c’est cela : ne pas abandonner ses aspirations de jeunesse tout en vivant sereinement sa maturité. Sans parler d’une capacité d’adaptation hors du commun. N’oubliez pas les amis que nous sommes partis de la télévision en noir et blanc !

Alors, je ne sais pas si  les plantes vivaces fanent. En tous les cas, elles n’ont pas de date de péremption.

Gina Pell, entrepreneuse high tech américaine à l’origine de ce terme, va même plus loin. Selon elle, nous ne devrions plus nous définir sur des données démographiques mais sur des valeurs et des passions partagées. Fringues, musique, séries TV… Tous les goûts sont aujourd’hui intergénérationels. Bref, définir quelqu’un par son âge est so 20ème siècle.

Certaines « pionnières »mettent en valeur leurs signes extérieurs de vieillesse. L’influenceuse Sophie Fontanel court, cheveux blancs au vent, les plateaux télé faire la promo de son nouveau livre, Une apparition, retraçant son coming out gris

Prochain mouvement : Touche pas à ma ride ?

Perso, je veux bien que l’on y touche (pique) encore un peu. Quand à mes premiers « poils » blancs, surtout visibles dans mes sourcils, je les arrache au risque de finir chauve du bas front. Mais comme j’ai un nouveau sourcil qui commence à pousser au dessus de ce qui me reste de lèvre supérieure (je REFUSE de parler de moustache), ça compensera !

Mais comme je ne me sens pas vieille : je vais vieillir moins vite. Si, si, c’est prouvé par une professeure de psy de l’université d’Harvard. Et, c’est aussi une question d’apparence. De sa façon de s’habiller.

Et, alors, là, avec mes jeans, mes Converse, mes pulls loose, je suis au top de la hype!

La célèbre blogueuse mode « Man Repeller » parle de tendance Menocore!!!! Mot mix entre middle-aged et ménopause. Le « ménopause chic » avec en tête de pont Diane Keaton, Lauren Hutton… (ménopausées depuis si longtemps qu’elles sont peut-être de nouveau règlées). La mode de ces femmes perennials qui s’habillent cool et confortable et qui respirent la maturité et la confiance en soi. Qui deviennent même des icônes mode inspirantes pour les plus jeunes.

Alors dans la presse magazine (qui pourtant continuent à nous ignorer dans ces pages mode), les articles nous mettant en avant se multiplient. Et, voilà, je vais réussir à glisser dans ce post MON moment de gloire estivale: Jeune Vieillis Pas dans le Elle !

 

 

Allez bonne reprise les belles plantes !

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Voilà, voilà… Je viens d’avoir 55 ans.

55 ans. Putain !

Là, franchement, ça me fait chier.

Et, oui, je parle mal. je perds mes filtres !

Ok,ok, je positive.

Et, puis, après tout, 5 a toujours été mon chiffre préféré. D’ailleurs, je vais dire five/five pour annoncer mon âge, je trouve cela plus funky.

Mais, là, quand même, ça me fait chier.

On ne va pas se mentir, five/five, ça commence à être vieux!

Sans compter mes 2 « post traitement Roaccutane » qui n’ont cessé de me répéter  : « maman dans 5 ans, t’as 60 ans. »

Alors, pour faire de ce nouvel anniversaire qui revient bêtement tous les ans, un moment spécial et gonfler mon ego, depuis plusieurs jours, Facebook faisait passer sur ma page cette photo :

 

Anniversaire - 55 ans - blog femmes 50 ans - quinqua

 

Cool : I’m sooo fabulous!
Mais quand tu regardes le nom de la page… c’est nettement plus boulesque!

 

Anniversaire - 55 ans - blog femmes 50 ans - quinqua

( Mais qui a trouvé un nom pareil ?)

Alors, pour rester zen, va falloir être philosophe, trouver un sens au fait de vieillir.

Je me demande parfois à quel âge j’aurais voulu arrêter le temps?
Impossible de répondre à cette question, finalement.

Car, si j’avais arrêté le temps, je n’aurais pas eu mes enfants; si j’avais arrêté le temps, je n’aurais pas aujourd’hui face à moi, deux jeunes adultes ;  je n’aurais pas rencontrer telle ou telle personne, réaliser telle ou telle chose.

C’est hyper philosophe ça, non?

J’ai par ailleurs, dernièrement assisté à une conférence de Charles Pépin sur : « Qu’est-ce que vieillir? »

Selon lui, vieillir est gagner en sagesse sceptique en s’allégeant de ses convictions. La jeunesse se traduisant par la force de ses convictions (on sait à peu près tout sur tout). J’ai même été, jeune, socialiste, c’est vous dire!

Pour Charles Pépin, toute conviction est pathologique en ce sens où elle est liée à tout ce qui nous détermine à notre naissance, à notre héritage familial et social. Alors, vieillir, c’est se détacher progressivement de notre « héritage » non consenti. C’est s’alléger de tout ce qui nous a toujours alourdit.

Et, comme le disait, non pas un philosophe, mais le boxer Muhammad Ali (comme quoi) :

 » A man who views the world the same at 50 as he did at 20, has wasted 30 years of his life. »

Ok, Charles, mais vieillir, c’est aussi le rétrécissement des possibles, non?

Non, non, non, impossible de coincer Charles (perso, entre 4 murs, cela ne me dérangerait pas, je le trouve intelligemment sexy, comme je vous l’ai dit, je perds mes filtres) !

Si le choix des possibles se rétrécit, cela veut dire que l’on a déjà pris beaucoup de décisions, on a déjà explorer beaucoup de possibles. Et, ce sont ces décisions, ces choix, ces possibles qui nous ont permis, en fait, de nous affiner, de tendre vers notre singularité !

Il parle aussi de sagesse sceptique joyeuse.

Kesaco? Savoir réagir à une situation, enfin?

Oui mais pas que. C’est également savoir qu’il y a plein de situations où l’on ne saura pas comment réagir, que l’on ne peut pas tout maîtriser. Et, surtout avoir enfin compris que ce n’est pas grave !

Alors, oui, je suis vieille. Mais la vie est si bien faite que je ne me rends même pas compte à quel point.

Cette citation de Paul Léataud est donc parfaite :

 » – Qu’est-ce que vous faites?

– Je m’amuse à vieillir. C’est une occupation de tous les instants. »

Alors tant que je m’amuse (même si cela ne me fait pas tous les jours marrer)… Jeune Vieillis Pas.

 

 

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