Le temps passe…

C’était mon premier mariage “fille ou fils de”.

 

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Voilà typiquement le genre d’événements qui te file un coup de vieux, te fait penser “putain le temps passe (troooop) vite”… Mais aussi quelle merveilleuse illustration du cycle de la vie. ( Je m’enflamme, là !)

Car, cette magnifique jeune mariée est cette petite fille, d’à peine 3 ans, dans les bras de sa maman (à gauche de la photo) à mon mariage en 1987 !

 

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(Désolée pour tous mes amis qui se reconnaitront ou plutôt, qui ne se reconnaitront pas sur cette photo)

Et, aujourd’hui, ce sont les mariés qui ont leur petit garçon dans leurs bras.

Car oui, mon amie, celle que j’ai connue au lycée quand nous avions une quinzaine d’années, celle avec qui j’ai pris mes premières cuites et avec laquelle je ne parlais que de… garçons est déjà grand-mère.

Ce qui m’hallucine totalement. J’ai d’ailleurs j’ai fait un déni de grand-maternité ! N’ayant pas réellement porté assez d’attention bienveillante à ces grands événements de sa vie (en fait, elle a déjà 3 petits-fils après avoir eu 3 filles). La jolie brune qui faisait total craqué le beau Eric mais qui, elle, était raide dingue du non moins beau Marc ne pouvait pas être grand-mère. Et, bien si, ma cops, la meilleure imitatrice de signature parentale pour sécher les cours de maths gagatise complètement devant un bébé d’un an qu’elle ne quitte pas des yeux avec un sourire idiot béat ramassant 10 fois de suite le jouet qu’il s’obstine à jeter à terre.

C’est déjà à la vingtaine que nos vies ont pris des directions différentes. Alors que je continuais à biberonner des gins tonic au Bus palladium, Laura stérilisait déjà des tétines.

Alors aujourd’hui, quelle joie d’être à ses côtés pour le mariage de sa fille ! D’autant plus qu’il se passait au Brésil. Ce qui en a fait un moment d’autant plus magique.

Oui, de nos jours, un mariage de trentenaires se passe souvent au bout de monde avec des invités qui viennent des 4 coins de la planète. Putain, mais ils se cassent tous à l’étranger nos gosses???

 

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L’avantage d’un mariage lointain : que des proches et pas beaucoup d’amis de parents (en fait, j’étais la seule).

(Je me rappelle encore à quel point ça m’avait gonflé d’avoir quasi la moitié d’amis de mes parents et beaux-parents parmi les invités de mon mariage.)

Du coup : 70 jeunes et 12 vieux !

Et, un mariage où les festivités se sont étalés sur 4 jours.

 

Ce qui te montre que ce n’est plus pareil que quand tu allais aux mariages de tes potes, ce qui te prouve que tu es passé de l’autre côté de l’autel, que tu es rentrée dans un autre espace spatio-temporel… Bref, que t’es vieille : 

  • Tout le monde te vouvoie et t’appelle madame.
  • Personne ne te demande de qui tu es l’amie, mais si tu es de la famille de la mariée ou du marié.
  • Quand tu entends : on se fait une table de jeunes, tu sais que tu n’en fais pas partie.
  • À part le photographe officiel, tu es la seule à avoir un vrai appareil photo.
  • Tu nommes tous les autres “les jeunes” (ce qui prouve bien que tu n’en es plus une), voire “les enfants”.
  • Tu as une discussion avec le père de la marié sur le génie moléculaire (tu vois que tu restes un peu jeune quand même car tu décroches assez rapidement de la conversation pour dodeliner de la tête sur la musique)
  • Ha bon, y’a pas d’ouverture de bal?
  • Tu ne bois pas. Trop peur d’être la vieille bourrée pathétique. Manquerait plus que tu veuilles jouer à chat-bite avec les témoins du marié.
  • À minuit, t’es couchée et tu es la première au petit dej.
  • Dès que tu arrives quelque part, tu cherches tout de suite où tu vas pouvoir t’assoir. (Ben oui, je n’arrive plus à rester debout longtemps, ça craint !)
  • Tu n’essaies pas d’attraper le bouquet de la mariée. De toute façon, tu sais que tu ne vas pas pécho !

 

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Mais, finalement, tu te rends compte que c’est vraiment toi qui te stigmatise le plus. Qui te sent à part. Qui a peur de passer pour la vieille qui s’incruste. Que les jeunes sont beaucoup plus ouverts à toi que tu ne le penses.

Et, le bonheur, l’amour, de belles amitiés sont toujours de belles choses à voir, à vivre, à partager. Et, ce de 7 à 77 ans. (Je m’enflamme à nouveau.)

Alors oui le temps passe. Mais ma petite Chloé (ben oui, difficile de l’appeler autrement), tu étais vraiment la plus belle des mariées que je n’ai jamais vue. Enfin, jusqu’a ce que ce que ma fille se marie, mais comme Laura a toujours eu 15 ans d’avance sur moi, j’ai de la marge.

Chloé, Nicolas, Laura, merci vraiment pour ce moment!

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Vieillir dans la glace ou en photo…

Nous avons tous une photo jaunie de notre grand-mère “jeune”.

 

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Et, franchement, on ne reconnait pas la femme chez qui nous avons passé une partie de notre enfance.

Difficile d’imaginer mamie jeune fille! Une grand-mère peut-elle avoir été jeune (et belle)? Impossible de faire coïncider les deux images.

Bon, il est vrai que ma grand-mère faisait partie de cette génération de femmes qui avaient tendance à “lâcher l’affaire” à la ménopause. Prise de kilos, adoption du nylon/Tergal et “mise en plis/reflets bleutés” une fois par semaine chez le coiffeur.

OK, disons alors que c’est normal de ne pas “reconnaître” sa grand-mère.

Mais, moi?

Y’a t’il un jour où je vais me dire devant une photo ou devant la glace : non, ce n’est plus moi ? Rien que de me poser la question me fait flipper.

Et, c’est un sujet qui me turlupine (le mot so “20ème siècle” du papier). Je l’ai déjà traité dans ce post : il ne m’a pas reconnue! 

 

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Bien sûr, j’ai changé. J’ai vieilli. Mais cette gamine de 20 ans, je la reconnais. J’y retrouve mon image (enfin, ça dépend des matins).

Qu’est-ce qui transforme un visage? Y’a t-il un moment où mes traits vont vraiment se brouiller.

Qu’est-ce qui nous “défigure”?

Des rides? À priori juste quelques traits qui s’incrustent sur la photo. Des joues qui s’affaissent, un regard qui s’éteint un petit peu? Effectivement, je vois moins d’insolence dans mes yeux d’aujourd’hui également plus cernés.

Des cheveux blancs? Je n’en ai pas vraiment. Mais, j’ai rencontré une femme de 64 ans qui me racontait avoir eu du mal à assumer sa chevelure blanche. “J’ai vécu cela comme un changement d’identité. Toute ma vie, j’avais été “une belle brune”. Je n’étais plus brune !”. 

J’ai revu également un ancien “petit ami” de quand j’avais 14 ans. Je ne l’avais pas revu depuis 40 ans. Putain, rien que d’écrire cela me semble surréaliste. Je n’ai cessé (d’essayer) de le fixer. Rien (pas un trait, une expression) ne m’a rappelé quelque chose.

Alors, que j’ai toujours des amis de la même époque. Et, je n’ai pas le sentiment qu’ils aient changé tant que cela, eux. (Cela dit, pour préparer ce post, je me suis replongée dans mes albums et j’ai retrouvé certains “dossiers’ sur quelques uns. Que je me suis empressée de leur faire parvenir. Mon intégrité physique a quasi été menacée si je rendais certains clichés publics. Comme quoi le sujet est touchy.)

Finalement, les gens que l’on voit régulièrement ne changent pas à nos yeux. Alors, comme moi, je me vois tous les jours.

Je continue inlassablement à remplir mes albums photos à chaque vacances. Albums que j’espère avoir plaisir à consulter à mes vieux jours…

Tant qu’il n’est pas douloureux de les regarder…

J’ai le souvenir de ma mère, qui a 70 ans, abîmée plus par la maladie que par l’âge, se faisait du bien en décorant sa cuisine (pourquoi sa cuisine?) avec des photos d’elle du temps où elle était mannequin. Mais qui répétait cette phrase que je détestais : “on ne peut pas être et avoir été.”

Moi, je veux avoir été et toujours être.

Sur certaines photos “d’avant”, je n’ai que le regret de ne pas en avoir été assez consciente que j’étais “jeune et jolie” à l’époque.

Alors, aujourd’hui,  je vais essayer de mieux aimer mon image, car c’est celle-là que je vais regretter dans 20 ans (inch allah). Et, quand je regarde des photos de moi ado, c’est maintenant, surtout ma fille que je retrouve quasi trait pour trait. Et, cela, c’est bien !

 

À mamie, à maman, à ma fille…

 

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Bon, je n’aurais jamais cru mettre un clip de Michel Sardou dans un des mes posts (comme quoi, on change…). Mais, ça colle bien (mention spéciale au blouson et au petit foulard autour du cou)

 

 

 

 

 

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