Quand le besoin d’être une artiste…

Sophie Simonet, 56 ans.

« Un matin, je devais avoir un peu plus de 50 ans, lors d’un week-end en Normandie, je me suis levée, suis sortie dehors. Il faisait beau, je sentais l’herbe légèrement tiédie par le soleil sous mes pieds… Et, je me suis dit que j’avais le droit d’en profiter! Que je devais arrêter de courir après le temps. Je décide alors de vendre une de mes deux sociétés. »

Car depuis sa maîtrise de chimie, et son premier job à la communication d’une boîte immobilière, Sophie bosse comme une dingue. Elle change plusieurs fois de boîte, occupe des directions commerciales, monte des projets de plus en plus importants de développement de centres commerciaux. Dans le milieu de l’immobilier assez macho, elle se bat deux fois plus. Et, ras-le-bol de l’idée : t’es une femme, occupe-toi de la comm. Elle veut entreprendre, monter des projets de A à Z. À 30 ans, elle décide de voler de ses propres ailes et monte avec un ami sa (première) propre structure.

« Au bout de 10 ans, on est racheté par une grosse boîte. Un an après, je donne ma démission. Pas envie de rentrer dans le moule d’une grosse entreprise Je remonte un boîte de conseil. Au bout de 5 ans, j’en monte une deuxième pour pouvoir à nouveau monter des projets. C’est cela que j’aime le plus. Le marché étant devenu plus difficile, je me consacre à de plus petits chantiers, des centres commerciaux de proximité en centre ville. »

Mais, à 50 ans, elle commence à ressentir qu’elle passe à côté de sa vie. Elle bosse 24/24. Un jour, pour faire plaisir à sa fille qui lui reproche de ne pas passer assez de temps ensemble ( oui, en plus Sophie est mère de famille nombreuse!), elle l’accompagne, avec des pieds de plombs, un samedi matin à un cours de peinture.

 » Le prof me file le matos et me dis « faite un nuage ».

???

Je n’avais jamais dessiné de ma vie.

Et, là, tout à coup, mon cerveau s’est vidé. Je ne pense plus à rien… Cette paix intérieure qui m’envahit est incroyable.  J’y prends un plaisir fou. Je n’ai qu’une hâte : être au samedi suivant. Puis, rapidement, je m’inscris à un deuxième cours dans la semaine. »

 

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 » Je commence sérieusement à songer à vendre ma première société. Et, c’est amusant, je ne sais pas si vous avez déjà remarqué: quand on se fixe un objectif, quand on y travaille, on rencontre les bonnes personnes qui vont vous aider à l’atteindre. Bref, je rencontre La personne qui me rachète ma boîte. J’allège donc mon temps de 50 %. Je double mes cours de peinture. Mais, je n’en peux plus. Je suis persuadée que quand je n’aurais plus rien à faire, je me poserais les bonnes questions ».

3 ans plus tard, elle vend sa deuxième société pour ne se consacrer qu’à la peinture.

« Là, je me suis dit que je n’allais pas passer 10 ans à apprendre. Je multiplie alors les cours, les stages. Mon expérience pro m’aide à apprendre plus vite. De toute façon, on passe sa vie à apprendre. Mais, je crois que mon âge m’a aidé à aller plus vite. »

Et, une fois de plus, la bonne rencontre au bon moment. Une femme qui organise une expo sur la danse et qui propose à Sophie d’y participer.

 » J’avais 6 mois pour faire 10 tableaux. Mon côté chef d’entreprise a voulu relever le défi. J’ai dit oui! De toute façon, le plus souvent, je m’empêche de dire non. Je dis oui. Je réfléchis après. « 

 

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Aujourd’hui, Sophie organise sa propre exposition (avec Delphine Garnier). Une expo de14 artistes féminines qui partagent leur regard sur la liberté de la femme.

 

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L’exposition  « En liberté » se tient du 10 au 19 mars à la Galerie Etienne de Causans, 25 rue de Seine, 75006 Paris. La page de l’événement, c’est ici.  

 

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« Aujourd’hui, j’ai un vrai temps pour moi. Pour mes enfants. Je n’ai plus de charges qui m’obligent à aller chercher du chiffre. J’espérais réussir dans les affaires pour être fière de moi. Mais, cela ne m’a jamais réellement apporté quelque fierté. Je prends un réel plaisir à faire mes tableaux. Même s’il y a encore du boulot pour être dans un réel lâcher prise. Cela prend du temps de mûrir ce que tu veux vraiment exprimer. Mais, c’est cela qui me plaît. D’être dans ce chemin de la découverte. J’ai eu énormément de doutes au moment de vendre mes sociétés. De vraies angoisses financières. Je gagnais très bien ma vie. Mais, si je voulais être cohérente dans ma démarche, je devais pouvoir vivre de mon art. C’est un marché quasi-impénétrable, très élitiste. Mais, je suis sûre que je trouverais des chemins de traverse. Et, si j’ai eu très peur avant, une fois la décision prise, cette peur s’est envolée. Je n’ai depuis, pas regretté ma décision une heure, une seconde. »

Je précise que Sophie s’investit également dans une association présidée par le peintre Gérard Garouste : La source, qui, au travers de rencontres avec des artistes, aide plus de 8 000 enfants en grande difficulté.

Le site de Sophie.

Sa page Facebook. 

 

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« Peins, l’art sauve. »

Tom Derhy.

 

 

 

 

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