Yoga, méditation, bien-être…  et un peu de sorcellerie en Bretagne !

Je cherche, je me cherche… J’ai essayé de me trouver un peu dans un camping du Morbihan.

Une recherche de sens essentiellement. Que je trouve de plus en plus nécessaire avec les années. J’ai passé les 50 premières années dans l’action. J’aimerais tendre à plus de réflexion. Aujourd’hui,peut-être, il me manque de croire en quelque chose. Je fus très croyante petite puis j’ai perdu la foi et Dieu ne me l’a jamais (re)donné. Je souhaiterais devenir une vieille zen ! Emplie de spiritualité… laïque. Je médite tous les jours. Pour le moment, mon cerveau n’est pas beaucoup plus au repos. Mais je persévère !

Alors quand mon amie Béatrice m’a proposée de l’accompagner à cette “retraite” qui s’annonçait “différente” : banco!

 

 

Ce week-end intitulé ÊTRE nous invitait à “ nous déposer, ralentir et profiter“.

Il était organisé par Josée-Anne SC , une canadienne au cœur aussi grand que son pays. Son credo :  “Minimalisme, zéro déchet, slow living, simplicité, voyages, trucs de hippie, croissance personnelle, inspiration et motivation…”

Avec Geneviève Locas qui se définit comme : “créatrice d’expériences, professeur de yoga et grande passionnée par l’aventure humaine, le plein air et la nature”. 

On est vraiment dans le “différent” !

Surtout quand le tout se veut saupoudré d’un soupçon de sorcellerie ! La sorcière étant une ” femme qui prend pleinement possession de sa magie, de son intuition, de son pouvoir féminin.”

En fin de journée du vendredi, nous sommes accueillies par Geneviève.
Problème : nous comprenons que nous ne serons pas tranquillou toutes les 2 dans notre mobile home.
“Ha bon, mais il ne reste pas des mobiles homes privés? Sûre, sûre?”
Mauvais point pour deux nanas censées venir faire preuve de sororité avec 66 autres femmes. J’aurais honte de ce moment à chaque fois que je vais croiser le regard de Geneviève.
En plus, je n’avais jamais mis les pieds dans un camping. Le week-end s’est avéré plus hippie bab que hippie chic ( comme les retraites yoga instagramables). Mais en vrai, j’adore. J’ai toujours gardé de mon adolescence ce petit esprit baba cool !
Et que la nature est belle !
Le week-end sera vegan (aucun aliment de provenance animale) et sans gluten. Je ne suis pas végétarienne mais j’ai fortement réduit ma consommation de viande. L’élevage de masse beaucoup trop maltraitant envers les animaux n’étant plus admissible. Mais je ne pense pas être un jour capable de me passer de poulet, d’œufs, de fromage… J’essaie en tous les cas d’être attentive à l’origine. Tous les repas furent délicieux.

 

 

 

J’avais joué le jeu. Je n’avais apporté que des abricots secs et des amandes en cas de petit creux. Je fus assez surprise en rentrant après le premier déjeuner dans notre “mobile home, sweet mobile home”, de trouver “nos sœurs” attablées devant un verre de vin attaquant un morceau de fromage avec une bonne baguette !

 

Le premier atelier du vendredi soir : yoga nidra animé par Geneviève.

Le yoga nidra vous amène rapidement à un état de relaxation intense. Il s’apparente à une méditation guidée. Il est alors possible de lâcher prise, de se débarrasser des tensions psychiques profondes.
Nous sommes allongées dans une salle dans la pénombre. La voix de Geneviève est douce :

“Je suis bien.

Je suis détendue.

Je suis relax.”

Elle nous fait même pratiquer la “dissociation”. Nous invitant à sortir de notre corps pour aller se promener en forêt, se mettre autour d’un feu. Notre feu intérieur.

Différent, je vous ai dit.

Et elle nous invite à poser une intention pour la suite de ce week-end. Pour moi : gagner en sérénité. C’est le (petit) combat de ma vie.

Elle clôt la séance en nous demandant de garder le silence jusqu’à la fin de la méditation du lendemain matin. J’ai immédiatement envie de ricaner. Et de faire la pitre.

D’ailleurs gros fou-rire -silencieux- avec Béa face à nos têtes respectives le matin au réveil d’une mauvaise nuit dans notre chambre/placard sur nos petits lits taille 12 ans.

 

Méditation au lever du soleil.

 

Waou ! Vraie magie de toutes partir en file indienne et en silence le long des falaises pour cette médiation de plein air. Il fait beau mais le vent souffle fort. Tant mieux car nous allons méditer à partir des 4 éléments : l’eau (la mer), l’air (le vent), la terre et le feu (le soleil). C’est de ces 4 éléments que nous devons puiser notre force.

Un très beau moment même si j’ai du mal à garder l’immobilité.

 

 

Nous pouvons à nouveau parler. J’ai adoré ce moment juste avec moi-même. J’ai écouté ou lu des témoignages de personnes qui ont fait des “cures de silence” de plus de 10 jours Toutes ont vanté le bien que cela leur avait fait. Je  peux comprendre même si je ne pense pas en être capable.

Atelier de la matinée : Les 4 éléments.

Il est animé par Josée-Anne et sa chevelure bleue  (de sorcière?) et son fort accent canadien si sympathique.

Elle nous explique que nous sommes “constitués” des 4 éléments vus en méditation. Nous devons veillé à leur équilibre en nous, à amener chacun d’entre eux à son plein potentiel. Cela me renvoie aux doshas de la médecine ayurvédique lors de ma cure en Inde racontée ici.

L’eau est la douceur, la fluidité.. C’est le domaine des émotions (autant dans la joie que dans la tristesse). L’idéal est de trouver le bon canal pour bien “faire circuler” l’eau = évacuer ses émotions. Comme la méditation ou l’écriture.

L’air est relié à notre intellect, à notre manière de penser, d’apprendre… On lui donne le bon canal par l’écriture pour sortir le trop plein sans réfléchir. Quand on a trop d’air, on est beaucoup dans la tête et pas assez dans les émotions. Il faut privilégier ce qui va nous aider à faire sortir ses émotions comme regarder un film triste par exemple. Et s’autoriser des journées de “larve”: rien faire sans culpabiliser. Je suis un signe d’air. Je me reconnais assez dans le portrait dressé.

La terre est notre élément “pratique”, concret. Aller dans la nature, jardiner, cuisiner nous permet de l’équilibrer.

Le feu est l’élément du plaisir, de l’énergie mais aussi de l’excès. Pour le rééquilibrer, il faut privilégier les moments de plaisir, apprendre à profiter de la vie, dans l’ici et maintenant. Et aussi faire de l’activité physique pour dépenser de l’énergie.

Josée-Anne nous a fait faire des petits tests pour connaitre notre “composition”. On peut aussi grâce à son thème astral connaître la position de ses planètes lors de sa naissance dans les 4 éléments.

Yoga sur la plage.

La séance est plus “classique”. On enchaîne les positions chien tête en bas, cobra, la pince, l’arbre… Se sentir comme cela en plein air est un vrai plaisir en soi.

 

 

Geneviève nous demande à la fin de la séance de nous mettre par deux, avec quelqu’un que l’on ne connait pas. De nous regarder dans les yeux. Et de se dire à tour de rôle :

Ce qui est fluide dans notre vie.

Ce qui n’est pas fluide dans notre vie.

Ce qui nous plait chez nous.
Ce que l’autre nous inspire même si on ne la connaît pas…

Ma jeune “compagne” a fini par me dire que je lui inspirais “un gros câlin”.??? Punaise ! Elle m’a pris pour sa grand-mère !

 

Atelier Ouitch!

Le soir, après le dîner, nous entrons dans une salle plongée dans la pénombre… Nos tables sont éclairées aux bougies. Dessus, un certain nombre de végétaux et fleurs séchés et des bâtonnets de sauge.

Nous rentrons dans l’atelier “ésotérique” de ce week-end. Un atelier Ouitch. Nom venant de witch, sorcière en anglais, franchisé et positivé avec le oui.

Josée-Anne nous parle d’ésotérisme. Qui serait en fait une façon d’explorer et de suivre notre intuition. Le voilà notre super pouvoir féminin : notre intuition ! Celui qui nous permettrait d’être plus connecté à nous-mêmes.

Puis elle nous parle de la lune, de son importance. À la nouvelle lune, c’est un nouveau départ, tout est possible. Il faut alors “manifester” (je pense que c’est du canadien), c’est à dire demander de façon claire et précise ce que l’on veut. À la pleine lune, on est à l’apogée de notre énergie. On “laisse aller” à la lune descendante, on se repose. On netflixe comme dirait Josée-Anne. L’idée étant de vivre chaque phase de la lune avec un maximum de bien-être grâce à l’écoute de son corps et de ses émotions. Là encore, une analogie avec la médecine indienne ayurvédique qui attribue également à chacune des phases de la lune une énergie particulière.

Elle nous parle alors de rituels, des petits rituels simples que l’on peut faire au quotidien. Comme prendre un bain avec des huiles essentielles ou brûler de la sauge pour chasser les mauvaises énergies…

Nous allons ensuite chacune fabriquer notre propre bouquet pour “purifier” nos maisons.

 

 

Je ne l’ai pas encore brûlé, trop joli. Il est dans mon entrée. On ne sait jamais, si un mauvais esprit voulait passer la porte.

 

Dimanche à la mer.

Le lendemain, j’ai quand même le sentiment d’avoir un peu ma dose. Le temps étant plus incertain, la séance de yoga est programmée dans la salle. Après avoir expérimenté la félicité d’une pratique en plein air face à l’océan, je zappe. Je préfère partir marcher. Profiter de la nature, ressentir la puissance du vent, de l’océan…. Je suis très “être” finalement.

 

 

Que conclure d’un tel week-end?

C’était un beau moment et c’est le principal. Je n’ai évidemment pas gagné en 2 jours la sérénité que je cherche mais j’ai peut-être fait un petit pas sur ce chemin même si je sais que la route sera longue.

J’ai été assez convaincue par notre lien bien sûr à la nature mais aussi par “demander à la luuuu… ne. Je me suis d’ailleurs commander un bouquin du style La lune pour les nuls. L’Astrologie, pas pour connaître sa destinée mais pour vivre en accord avec les mouvements du ciel, fait partie d’un mouvement de plus en en plus en vogue. Dans le cadre du  “self care” qui englobe toutes les actions pour prendre soin de soin.

Quant à mon pouvoir féminin…

Je vais continuer à m’entraîner à remuer le bout de mon nez!

 

 

 

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Le style, l’allure, la dégaine… nos meilleurs atouts pro-âge !

 

Primo : on se redresse.

La tête haute, les seins fiers même s’ils ont perdu de leur superbe et les épaules en arrière.

Bien se tenir est la base d’une allure jeune dynamique. On devrait imaginer un fil qui nous tire le crâne vers le haut. Et c’est ce haut du crâne qui doit nous pousser en avant à chaque pas. Avec des épaules le plus espacées possible des lobes des oreilles.

Un effort de chaque instant pour moi. J’ai l’impression de me tenir de plus en plus voutée et ça, c’est juste pas possible!

Et bien sûr, on ne zappe pas le sport pour garder de la tonicité! 

Quand je choisis mes vêtements, je pense en termes d’allure. 3″ guides” : de la modernité (plutôt que du “fais jeune”), une part d’élégance et un soupçon de créativité pour éviter l’ennui. En poussant parfois un détail. Vive les accessoires !

J’aime les fringues. Je suis loin d’en être une spécialiste. Je n’ai pas un sens inné de la mode. Comme ces filles qui font de “rien” quelque chose de génial. Moi, j’ai besoin de réfléchir, de “construire” ce que je vais porter.

J’aime pratiquer l’art de la simplicité. Avoir une tenue qui semble couler de source. Un style “nonchalant” qui peut naître de l’assemblage de basiques.

J’aime particulièrement.

Le féminin/masculin. Un pantalon cigarette avec une veste d’homme ou une chemise oversize. Ou la veste masculine avec une robe fluide.

La chemise est, selon moi, la meilleure amie de la femme de plus de 50 ans. Le juste décolleté et les manches négligemment retroussées pour montrer un peu les bras (et avoir un côté cool).

Je suis une névropathe du châle/écharpe/foulard. J’adore ça. Je peux jouer sur les couleurs, les imprimés…

Les belles matières… Difficile aujourd’hui de s’habiller bon marché. Mieux vaut moins mais mieux. Précepte que j’ai encore un peu de mal à appliquer…

Les jupes tubes. Ma silhouette s’épaissit du haut, mes jambes restent fines. Mais toujours avec quelque chose de ample en haut. Je n’aime plus beaucoup en fait le collé/serré. Passé l’âge. Mais j’apprécie aussi de plus en plus les jupes fluides. En règle générale, toutes ces matières légères et aériennes qui dansent quand on marche (on n’oublie pas : avec un fil qui nous tire le crâne vers le haut ….). Il est plus intéressant et adéquat de jouer plus le sensuel que le sexy.

Je n’aime pas

Le trop : trop sexy, trop court, trop maquillée, trop bijoutée, trop coiffée…

Je vais faire un effort.

J’adore marcher à plat. Ma kiné (ben oui, j’ai mal au dos vu que je me tiens mal ) me conseille de porter des petits talons pour améliorer ma cambrure (et soulager mon bassin trop introversé). Et quelques centimètres embellissent quand même la silhouette. De plus les talons plats  + une chaussure un peu large (hormis les baskets) un peu large envoient le message :  j’ai mon hallux valgus qui me travaille, ma hanche qui me fait souci. C’est vrai pour toutes les tenues trop confort en fait. Le plus souvent, je suis une grande flemmarde du dressing. Allant au plus simple, au plus confortable. NON ! Message envoyé : j’ai lâché l’affaire et de toute façon, je gonfle tellement en fin de journée que rien de mieux qu’un taille élastiquée.

 

Avoir plus de 50 ans ne nous oblige en rien à faire profil bas. J’essaie même de mettre derrière moi un certain conformisme de mes plus jeunes années. Sincèrement, je crois que je m’amuse beaucoup plus avec mes vêtements qu’auparavant.

En tapant le #Over50 sur Pinterest, voici quelques tenues qui m’inspirent :

 

 

 

 

Et, j’ai demandé à mon amie Isabelle Thomas, styliste personnelle, de nous donner son avis sur la question.

“Le plus important est de s’habiller en fonction de son corps.

Beaucoup de femmes se trompent de taille. S’habillent trop grand ou trop petit.  Et, il ne faut pas oublier que le corps change avec les années. Et, le style évolue toute la vie. 

N’hésitez pas à tenter de nouvelles formes, de nouvelles coupes. La cabine d’essayage est à vous! Vous avez toujours pensé que la pantalon 7/8 n’était pas pour vous alors qu’il peut vous donner une vraie allure. Et vous allonger la silhouette

Idem pour la couleur. Vous vous êtes toujours dit que le vert ne vous allait pas. Mais quel vert? Un émeraude sur une jolie blouse de soie? Un vert tendre sur un pull moussant? Il faut savoir jouer sur ces nuances.

Et, n’hésitez pas à aller vers des couleurs intenses. Des couleurs qui vous portent. Elles donneront de vous l’image de quelqu’un de lumineux, de dynamique. Le vêtement a un pouvoir sur vous ! C’est pour cela qu’il faut aussi être attentive à la coupe, à la matière. On ne se tient pas de la même façon dans un pantalon bien coupé ou tout avachi ou complètement froissé.

Avoir de l’audace est un bon anti-âge. Elle peut tout simplement être dans le mélange des tons. Un pull rose avec un pantalon marine est moins attendu qu’un pull rouge avec du noir. Du bleu ciel avec du chocolat, un manteau beige avec un pantalon rouge. Un jaune vif avec un blazer anthracite.

Écoutez-vous. Exprimez votre personnalité. L’important est de sentir à sa juste place. Quelque soit l’âge, on peut tout faire mais on le fait différemment. Par exemple, on peut piquer dans le vestiaire ado et mettre un sweat à capuche mais surtout pas en total look. On le met sous un beau blazer. Ou avec un beau trench. Le mélange des genres est toujours une bonne idée. Le sport/chic, le cheap/classe, le féminin/masculin…

Il faut donner de l’esprit à sa silhouette.”

Nous avions fait ensemble un post “Detox penderie” que vous pouvez lire ici. Et voici deux exemples de tenues proposées par Isabelle avec mes vêtements (il y a déjà quasi 2 ans).

 

 

 

Allez voir le dernier post d’Isabelle qui nous invite à s’amuser avec sa penderie. Ici. 

 

 

 

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Le temps passe plus ou moins vite mais il s’accélère avec le temps… Un peu de philosoph’Age !

Le temps joue avec nous!

On rentre de 15 jours de vacances.  Les journées ont filé à toute vitesse. Le dernier jour est arrivé avant d’avoir eu le temps de dire ouf et de finir son tube de crème solaire. Pourtant, une fois rentré, on a le sentiment d’être parti plus longtemps que 2 semaines.

Alors, le temps a-t-il passé plus vite ou plus lentement?

Et pourquoi un mois d’août nous semblera toujours plus court qu’un mois de février alors qu’il est plus long?

Vous me suivez :)?

Un temps si long il y a longtemps.

 

Quand j’étais petite, à chaque rentrée scolaire, j’avais l’impression qu’aller jusqu’aux prochaines grandes vacances équivalait à l’ascension de l’Everest sans oxygène et sans assistance. J’avais même des doutes sur ma capacité à y arriver tellement cette année me paraissait interminable avant même d’avoir commencé.

À partir de la  quarantaine, voire de la cinquantaine, une année semble durer la moitié de ce qu’elle durait quand j’avais 15 ou 20 ans.

Ces vacances qui s’achèvent sont aussi une bonne métaphore de la vie humaine.

Au début, on a le sentiment que le temps est infini, comme quand on était môme. Au milieu du séjour/parcours, le temps s’accélère semblant nous échapper. On veut alors en profiter au maximum. Puis c’est fini et on se rend compte que l’on a pas fait tout ce que l’on voulait/prévoyait de faire. On rentre souvent avec un sentiment d’inachevé, d’inassouvi.

Avec des “distorsions spatio-temporelles”.

Le temps est aussi presque une “illusion d’optique”.

Quand nous étions petits, comme tout nous semblait plus grand , tout le monde nous paraissait vieux.
Comme nos parents. Jusqu’à ce que nous calculions l’âge qu’ils avaient quand nous avions l’âge de nos enfants aujourd’hui.

Je me souviens très précisément de la sortie du film Indochine (1992). Pourquoi? Je ne sais plus. Mais je me rappelle que dans mon esprit, alors que j’avais 30 ans, je considérais Catherine Deneuve comme une actrice très mûre alors qu’elle avait à peine la cinquantaine. J’ai revu le film dernièrement, elle m’a semblé si jeune !

Autre exemple, je suis née QUE 17 ans après la seconde guerre mondiale. Lors de mes premiers cours d’histoires, elle me semblait dater du Moyen-Age. Je n’imaginais pas du tout à quel point toutes ces horreurs étaient si proches de moi en termes de temps. Mon fils a 22 ans, je me souviens de sa naissance comme si c’était hier et ces 22 années sont passées dans un claquement de doigts.

Alors pourquoi cette impression qu’avec les années, tout s’accélère et semble durer moins longtemps?

 

Une première explication assez logique. Que l’on pourrait appeler la loi de la proportionnalité de l’existence.

Une année pour un enfant de 10 ans représente le dixième de sa vie. Pour quelqu’un de 50 ans, cette même année en représente un cinquantième.

Et une autre plus “subjective”. Que l’on pourrait nommer la loi de l’attraction de la nouveauté.

Plus jeune, chaque heure nous apportait des expériences totalement nouvelles. Notre “entendement” était tout  en éveil. C’était le temps des “premières fois”. Des tas de souvenirs se créent.
A mesure que les années s’écoulent, nos expérience se transforment en automatismes. La mémoire a du mal à trouver des” moments d’ancrage” pour les souvenirs puisque les jours, les semaines se vident de contenus.

Alors, pour que l’on se remette dans un rythme scolaire, suffirait-il de revoir les choses, la vie avec des yeux d’enfant?

 

On ne maîtrise pas le temps.

C’est une évidence.
Mais on peut maîtriser sa façon de l’habiter.
Vieillir serait aussi être capable justement d’accepter de ne pas avoir d’emprise sur la durée mais d’en avoir sur nos actes.

À chaque “rentrée”, nos plus belles résolutions devraient être de se “vider” la tête, d’essayer de revoir les choses comme un débutant.

Pour rallonger le temps, il faut le remplir de choses nouvelles. Un voyage, apprendre quelque chose…Se trouver plein de nouveaux passe-temps. 

 

Prenons une dernière métaphore…

Quand on fait un trajet, le retour nous parait toujours plus court que l’aller. L’inconnu vs le connu. Mais, alors, dans la vie à quel moment décide-ton de faire demi-tour? Et surtout qu’est ce qui nous a pris de vouloir repartir dans l’autre sens?

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Mood board estival réalisé lors de l’atelier Switch dont je vous ai parlé ici.

Parce que l’été, c’est aussi (surtout) un état d’esprit !

1- Oublier toute forme d’hyperactivité.

On essaie de rien faire. Une chose à la fois, cela serait déjà pas mal.

2- Passer en mode “petits bonheurs”.

Oui, admirer un coucher de soleil est toujours un kif. Et on écoute ses vraies envies. Vous avez toujours détesté la ratatouille. Qui a dit que l’on devait passer des heures d’épluchage dans la cuisine parce que cela fait “été”?

3- “Cueillir le jour présent” comme dirait Horace.

Pendant que l’on admire ce coucher de soleil, on est connecté au présent, à l’ici et maintenant. Cela permet d’avoir accès à soi.

4- Chanter… ET aussi danser tout l’été.

Les effets défoulatoires et quasi-méditatifs de la danse ne sont plus à prouver.

5- Be bad.

Et oui, on peut aussi prendre de mauvaises résolutions. Les vacances c’est aussi fait pour cela. Voir ce post pour vous inspirer (même si je suis sûre que vous n’avez pas besoin de moi pour cela :))

 

Brain magazine

 

6-Lever souvent les yeux au ciel.

Nos connections neuronales reçoivent alors un message positif. D’ouverture et de liberté. On sort de soi, on ouvre sa vision.

7- Briller.

On n’est pas en vacances pour se faire de l’ombre. C’est une période qui nous permet aussi un peu de nous lâcher question style. Et de porter du orange au moins sur les ongles des pieds .

8- S’ennuyer.

L’importance de l’ennui est démontrée par de nombreuses études scientifiques. L’imagination peut alors se délasser, elle a quartier libre.

9- Marcher pieds nus.

Ça fait un bien fou. On se “reconnecte” avec la terre et son énergie. Ca parait un peu “perché” dit comme cela. Mais il parait que cela permet même d’améliorer le sommeil. Et ne dit-on pas : “avoir les pieds sur terre”? 

10- Courir les festivals d’été.

Une étude britannique aurait démontrer que aller à des concerts augmenterait notre sensation de bien-être, notre estime de soi ainsi que notre sentiment d’être proche des autres.

 

Je nous souhaite alors le plus agréable des étés. On se retrouve fin août. Et, en attendant…

Que sera sera
Il arrivera ce qui doit arriver
What ever will be, will be
Adviendra ce qui doit advenir

 

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Autodérision : forme d’humour, attitude consistant à savoir rire de soi-même.

Femmes, je vous aime! Et plus je grandis, plus je vous aime. Je vous trouve spirituelles, sachant si bien manier le second degré. Votre capacité à parler “cash” me réjouit. Votre aptitude à rire de vous-mêmes m’enthousiasme.  Même si cela peut aussi être, parfois, pour ne pas pleurer. Oui pour moi, l’autodérision est vraiment un mot féminin.

 

Autodérision vs névrose(s) et “charge mentale”.

La vie sauvage des femmes de Bénédicte Brézillon.

 

 

Agathe est l’archétype de la bourgeoise. Contrairement à la génération précédente de femmes de son milieu, elle s’est mariée relativement tard (elle a su s’amuser), elle bosse (elle sait s’assumer). Elle passe la quarantaine, elle a enfin moins la tête dans le guidon. Les enfants ont grandi, elle est professionnellement en vitesse de croisière. L’usure du couple devient un sujet. C’est le temps des premières rides contrariantes et des névroses qui remontent !

La vie sauvage des femmes est le premier roman de Bénédicte Brézillon.

Elle le veut comme un hommage aux femmes qui l’entourent.

“Je trouve les femmes très drôles. Elles ont une  charge mentale si importante sur leurs épaules. À force de vouloir tout bien faire, elles n’ont jamais le sentiment de “bien faire”. Ce qu’elles s’imposent n’est jamais suffisant. Elles sont étouffées par tout ce que l’on attend d’elles. Alors, elles s’inventent de la légèreté sur des sujets qui n’en ont pas toujours. Elles bottent en touche grâce à l’humour. Elles rient de tout : de leur âge, de leur travail, de leurs rides, de leurs kilos en trop… Plutôt qu’être dans la plainte. Ce système d’autodéfense me rend très admirative.

Je voulais aussi aborder le thème de la fragilité. Souvent les femmes, alors qu’elles doivent assurer sur tous les fronts, n’osent plus montrer leur fragilité. Surtout dans un milieu privilégié, tu te sens encore moins le droit de ne pas aller bien. Mon héroïne est aussi en quête de sens. Se renouveler après 40 ans, c’est compliqué.

 

Le monde sauvage des femmes de Bénédicte Brézillon, JC Lattès.

.. Le dîner de filles de plus de quarante ans est une thérapie de groupe sans thérapeute au cours de laquelle chacune vide son sac parfois au sens propre, le plus souvent au sens figuré…. Vanessa est une des meilleures conteuses du groupe. Elle excelle dans l’art de raconter l’insignifiance du quotidien avec vivacité et espièglerie …

Elle enchaîne sur son rendez-vous raté de la journée, un prospect beau gosse qui aurait pu gonfler sa prime d’intéressement et glisser par inadvertance une ou deux fois dans ses draps. ” Les filles, c’est le jour J, le meeting point est  à Lille à 14 heures, je  suis à la bourre évidemment donc de je cours jusqu’à la gare du Nord pour choper mon Thalys, avec mon coiffé laqué à l’Elnett et mes bottes Roger Vivier qui me font des jambes de salope. J’arrive à Lille-Flandres vers 12H45 et je fais une halte chez Lina’s pour me grignoter un petit sandwich… le pavé graines de pavot au saumon fumé, sauce formage blanc-fines herbes, accompagné d’un thé Arizona. …. À 13h40, je passe rapidement par les lavabos du restaurant, je me donne un coup de peigne et me voilà partie à la rencontre de l’homme qui tombe à pic… Quand les portes de l’ascenseur s’ouvre, il est déjà là. Une bombe humaine… Il m’indique la direction vers son bureau, je passe devant et j’avance avec une démarche élégante, légèrement déhanchée, version “tu peux m’avoir mais ce n’est pas simple”. Il me demande de m’assoir et s’installe en face de moi. 
La bombe me sort son produit, m’évoque sa valeur ajoutée, remet sa mèche châtain clair en place, me précise sa cible, son discours est clair, concis et efficace. Moi, je le regarde avec la niaiserie de la post-quarantenaire qui pense qu’elle a tout pour elle. Je souris bêtement à tout ce qu’il dit en le regardant dans les yeux…. Conscience du ridicule de la situation, je repars à 360°. Pof, d’un seul coup, je me redresse, j’adopte un ton business, et je hisse le débat avec une maestria qui n’a d’égale que ma mythique félinité…. Je sens qu’il accroche à tout ce que je dis mais le plus important n’est pas là ! Le plus important, je le trouve dans son regard. Il ne me lâche plus et observe ma bouche comme on découvre par hasard le fruit défendu. En frétillant intérieurement, je réalise que je tiens le compte double : le client et la belle histoire. Nous nous mettons d’accord pour une proposition complète et chiffrée de ma part sous huit jours, il me raccompagne à l’ascenseur et me serre la main avec ses yeux qui déshabillent. Quand la porte de la cabine se referme, les vapeurs irrésistibles de la winneuse montent au creux de mes reins. Je me congratule dans le miroir avec un auto-clin d’œil, je me regarde dans les yeux  en pensant à la totale félicité qui m’attend dans les semaines qui viennent, je réactive mon sourire ravageur.Et, là… Là, sur toutes mes dents… Des points noirs disséminés partout, un clavier de chicots! Et puis des trucs qui dépassent de chaque interstice, des touffes persillées, du débordement de culotte d’écologiste! Et moi qui ai souri comme une abrutie pendant trois quarts d’heure ! Tu m’étonnes qu’il me regardait bizarrement ! Il matait un poney qui vient de brouter…..

 

Bénédicte pose devant une œuvre de l’artiste plasticienne Floriane Lisowski dont je vous invite à découvrir le travail sur son site : www.florianelisowski.paris

Autodérision vs (r)évolutions hormonales.

Anatomie d’une vie de femme épanouie  de France Carp avec Catherine George-Hoyau

 

 

Je ne pense pas qu’un homme serait capable d’évoquer son premier toucher rectal avec autant de recul et d’humour que France Carp aborde sa première mammographie.

De la puberté aux prémices de la ménopause (et à son acceptation), France ( journaliste “forme”, conférencière et professeur à Paris XII ) avec Catherine (journaliste de la presse féminine, spécialiste en santé et bien-être) raconte avec un vrai sens de l’autodérision le journal hormonal de son corps. Avec des témoignages d’experts scientifiques et médicaux.

Bref de la pertinence et de l’impertinence !

“J’en ai un peu marre que “tout” s’accapare le corps de la femme. La politique pour l’instrumentaliser, l’art pour le sublimer ou la religion pour le sacraliser. Il est toujours interprété par quelque chose qui n’est pas la femme. J’ai donc voulu parler de MON corps. Le raconter comme dans un roman qui serait entrecoupé par des éclairages de professionnels de la forme et de la santé. Je voulais que chaque femme puisse se reconnaître et mieux se comprendre. Je voulais quelque chose “d’engagé” dans la manière de parler des choses. J’ai voulu parler cash tout en apportant beaucoup de tendresse. Et aussi que les femmes rigolent.  Rire est la meilleure façon de ne pas être rattrapé par l’aigreur, qui serait pour moi la pire des choses.  L’humour fait passer plein de choses. Et pouvoir aborder des thèmes tabous et en rire n’est pas l’apanage des hommes. “

 

Anatomie d’une vie de femme épanouie, le journal hormonal de mon corps de France Carp avec Catherine George-Hoyau, Hugo, New Life. 

J’ai rendez-vous chez la “un peu moins sylphide” gynéco. Oui, elle aussi a pris quelques kilos depuis le temps que je viens la voir, au nom de ma féminité, de ma maternité, de mon intimité, elle en est la spécialise après tout. Du coup, elle m’a l’air moins suspecte. Elle aussi se fait avoir par sa chimie interne. C’est bête mais ça rassure…. Moi, j’ai une obsession quand je vais chez elle. J’ai toujours peur de sentir mauvais.
Et je me persuade que je sens mauvais. Maintenant que je vieillis, j’y crois encore plus qu’avant.Une heure avant d’y aller, je suis toujours dans le même rituel quasiment compulsif comme ces gens qui ont des tocs, ces gestes répétitifs qu’ils croient magiques pour éloigner leurs phobies… Je me lave le sexe à l’eau claire, une eau de source au pH 7 pour un parfait équilibre d’ions H+ et OH-…. J‘ai choisi ma petite culotte pour qu’elle corresponde exactement aux us et coutumes de ce rendez-vous (blanche, couvrante, haute et 100% coton + le soutien-gorge coordonné) et je la mets juste avant de partir…

… Couchée sur la table, j’essaie de me détendre tandis qu’elle me questionne en me tâtant de partout. “Donc, vous avez grossi, je vois ça… Vous avez des sautes d’humeur. Et, vous avez toujours vos règles régulièrement?

– Oui.

– Votre mère a eu sa ménopause à quel âge?

Évidemment que je ne lui ai jamais demandé

– Elle est morte.

….

– Bon. Vous êtes périménopausée.

Périménopausée? Littéralement : vous êtes autour de la ménopause.

Plutôt que le “préménopausée” habituel qui veut tout aussi littéralement dire avant la ménopause. Je ne comprends pas très bien la subtilité. 
Si ce n’est que tourner autour du pot a toujours quelque chose d’insidieux, un truc pas franc qui cache puis augure souvent un autre truc carrément coriace et difficile à vivre…. Ou alors… périménopause, comme on dit “technicienne de surface” au lieu de “femme de ménage” : un néologisme hormonal qui modernise la pathologie en lui donnant un coup de jeune. 

Allez, je vous laisse avec The queen de l’autodérision cash: Blanche Gardin. On a beaucoup vu cette vidéo tournée sur Facebook, mais je ne résiste pas à vous la re-montrer.

 

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Dis-moi quel jeune tu as été, je te dirais (peut-être) quel vieux tu seras !

Mai 68 a 50 ans.

J’en ai un peu plus. Je n’en ai bien sûr aucun souvenir.

Mais je me sens vraiment une enfant de sa culture, de ses valeurs et des bouleversements profonds engendrés dans la société.

Puisqu’il était désormais interdit d’interdire, tout devenait possible…

J’ai grandi dans les mœurs libérées des années 70. J’ai eu 20 ans dans les joyeuses et dynamiques années 80.

  • J’ai pris “mes désirs pour des réalités car j’ai cru en la réalité de mes désirs”.
  • J’ai aimé Bambi, Mowgli, Snoppy et Corto Maltese.
  • Mes parents fumaient avec moi dans la voiture qui fonçait à plus de 180 rejoindre la côte d’azur où ma mère bronzait seins nus et moi sans crème solaire.
  • J’ai voulu être volontaire comme Scarlett O Hara tout en ayant la fragilité de Romy Schneider, la sensualité  de Claudia Cardinale après m’être entraînée des années à remuer mon nez comme Ma sorcière bien-aimée.
  • J’ai porté un sac kaki avec des jupes à fleurs, des salopettes, des pins, des vestes à épaulettes, des Tiags, des Converse…
  • Et des jeans de toutes les formes, de toutes les sortes. À pattes d’eph, à boutons, déchirés, avec des empiècements patchwork, cloutés, frangés…
  • J’ai chanté C’est une maison bleue devant un feu de camp avec Jean-Bapt à la guitare, simulé un orgasme sur le dance floor avec Dona Summer (Love to love you baby), hurlé “no future” avec The clash mais rêvé d’un autre monde avec Téléphone.
  • J’ai aimé la poésie de Rimbaud, Lautréamont, Prévert, Gainsbourg, Nougaro…
  • J’ai dansé des slows sur Hotel California, flirté avec Delpech, rocké avec Laurent Voulzy et parfois marché ” du côté obscur” avec Lou Reed (tou, tou tou, tou tou, tou...)
  • J’ai joui sans entrave et fait l’amour sans capote.
  • Je suis passée de Pif gadget au magazine Actuel.
  • J’ai surfé sur L’écume des jours, vu Le monde selon Garp sans craindre Cent ans de solitude.
  • J’ai tellement aimé la nuit “Because the night belongs to lovers, because the night belongs to us”.
  • J’ai visité New-York avec Travis Brickle (You’re talking to me?), aimé la boxe avec Rocky, espéré faire des rencontres du 3 ème type, pris le télésiège avec Jean-Claude Dusse et j’aurais toujours peur de prendre un bain de minuit.
  • J’ai fait du stop, pris des trains de nuit et, bac en poche, mon premier avion pour les États-Unis.
  • J’ai trouvé du boulot hyper facilement. Et re-trouvé du boulot hyper facilement.
  • Je suis la seule femme de ma famille à ne pas avoir divorcé (grand-mère, mère, tantes). En fait ce n’est pas complètement vrai. J’ai divorcé de mon mari mais je me suis re-mariée avec, alors ça ne compte pas.
  • J’ai bu du gin tonic, du Malibu et beaucoup ricané en fin de soirées dans des volutes de fumée.
  • Ma fleur préférée fut la rose (oui, j’ai même été de gauche.)

L’idée n’est pas de dire: “c’était mieux avant”. Je sais que la nostalgie a teinté mes souvenirs. Mais je pense vraiment avoir eu beaucoup de chance de grandir, mûrir dans ces années-là. D’être une enfant de 68 et d’en apprécier l’héritage.

L’éclectisme de mes influences a construit celui de mes goûts. J’ai le sentiment d’avoir développé une certaine liberté de penser et une culture de la tolérance. Je me sens une hédoniste, parfois pessimiste, qui aime se penser toujours un peu rebelle.

En m’inspirant d’une phrase de Cioran, je peux quasi affirmer : tout ce que je sais (je suis) à 56 ans, je le savais (l’étais) déjà à 20…. 36 ans d’un long travail de vérification.

Et si ma génération a vraiment lancé un pavé, c’est celui dans la mare du vieillissement dont on a dynamité les codes.

Alors…

 

 

 

 

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Accumuler ou s’alléger : telle est la question?

Surtout à nos âges où ce ne sont plus des valises que nous trimbalons mais toute une collection de malles cabines. Au sens propre comme au sens figuré.

Nous sommes à un âge où nous avons forcément accumuler. Notre vie meuble nos maisons.

Mais on peut également ressentir le besoin d’aller à l’essentiel, de s’alléger du superflu.

S’alléger pour mieux vieillir? On peut se poser la question.

D’ailleurs, une nouvelle leçon de bonheur à la suédoise, le “lagom” nous incite à plus de minimalisme. Le lagom signifiant littéralement “juste ce qu’il faut”.

Perso, j”adoooooore trier, ranger, jeter, donner, me débarrasser, faire le vide…

Tout autant qu’acheter, remplir, me remplir, dépenser…

C’est pathologique, j’en conviens !

Je suis le genre de nana pour qui finir et jeter un pot de moutarde peut procurer une réelle félicité.

Comme si ce condiment abandonné au fond d’une poubelle était une promesse d’une vie nouvelle et non juste celle d’un nouveau pot de moutarde.

 

Faire de la place… au vide.

J’aime bien le concept qui a fait le succès littéraire mondial de Marie Kondo avec La magie du rangement : “Si un objet ne vous met pas en joie, il doit filer illico.”.

Mais la notion de “vide” est une de mes pires angoisses. Que je contre par une forme d’hyperactivité.

C’est d’ailleurs une de mes peurs dans le fait de vieillir. La vieillesse pour moi pourrait signifier une vie “vide” de sens, d’activités, de projets, de gens…

Dans L’art de l’essentiel (J’ai lu), Dominique Loreau, met en perspective 2 choses :

L’accumulation d’objets est quelque chose qui stabilise notre identité.

Mais

Elle peut devenir écrasante et nous enfermer dans une routine pesante.

Jeter l’inutile et le superflu peut aider à faire de l’espace en soi.  Car un trop plein nous vide !

Dominique Loreau aimerait en fait nous enseigner un “art de vieillir” :

” Nous changeons tout au long de notre existence, mais c’est vers la cinquantaine – soit à peu près à la moitié de sa vie – que nous changeons vraiment…. Cette décennie est le moment idéal pour laisser un stade de sa vie derrière soi et passer au suivant.”

Je me demande parfois ce que mes enfants emporteront avec eux quand ils quitteront la maison. Je pense qu’aucun d’entre-eux ne se battra pour emporter un meuble ou un objet parmi lesquels il a grandi.

Alors je me suis posée la question, quand ils partiront, et que je dégagerais pour un logement plus petit, qu’est-ce que j’emporterais sans aucun doute? Parce que je ne pourrais vivre sans :

Des objets qui racontent mon histoire et mon attachement pour ceux qui l’ont constituée.

 

Mes albums photos… of course.

 

 

J’en ai une vingtaine Toute ma vie. Et, je fais toujours développer mes photos pour continuer à les enrichir. Ce qui est aussi un vrai plaisir sur le moment. On fait ses albums photos en pensant à la joie que nous procurera la re-visite de ces bonheurs passés enjolivés avec les années. Bon, je ne les feuillette pas tant que cela. Mais je sais qu’ils sont là.

 

 

 

Mes “gris-gris”.

 

Ces quelques objets sont dans ce petit panier sur ma table de nuit. Le bracelet de naissance de ma fille (j’ai perdu celui de mon fils). Une veille photo déchirée de mon enfance avec ma grand-mère maternelle. Une petite Sainte Rita, je ne suis absolument pas croyante mais bon, cette sainte des causes désepérées me rappelant aussi les épreuves surmontées. La chevalière de mon père, les 4 singes de la collection de ma mère, tous les deux disparus.

Et, puis, ce bracelet, acheté en terre masaï par Antoine, lors de nos dernières vacances passées ensemble. Nous nous sommes connus, nous avions une quinzaine d’années. Il est mort il y a 5 ans. Mon plus bel amour, mon plus grand traumatisme, mon plus gros chagrin. Pas une seconde, je n’avais imaginé que nous ne vieillirons pas ensemble.

 

Un portrait nu de ma grand-mère !

 

 

 

Oui, vous avez bien lu. Dessiné par un de ses nombreux amants en plus :). J’aime profondément ce dessin. Qui me rappelle que ma grand-mère, qui s’est beaucoup occupée de moi pour compenser des parents un peu absents, était une sacrée bonne femme. Une belle femme libre, divorcée deux fois avant la fin des années 50. Et, même si des hommes ont traversé nos vies, j’ai vraiment l’impression d’être issue d’une famille de femmes (ma grand-mère a eu 4 filles) un peu “guerrières” mais joyeuses #FemmesJeVousAime

 

 

 

 

Ma collection de CD et de 33 tours encadrés.

 

 

Même si je les écoute de moins en moins, la présence de mes CD me rassure (et  j’ai mes vinyles à la cave). Mon i Pod a pris le relai. Je me demande même si je suis toujours capable d’écouter un disque en entier! Mais je garde ces CD précieusement. Alors que je n’ai pas de bibliothèque, je ne “collectionne” pas les livres que j’ai lu. Tout ce que j’écoute ou ai écouté a forgé celle que je suis. Mes années rebelles avec le punk ou baba cool à chanter du Bob Marley. Celles où j’ai aimé sur des slows torrides ou dansé de plaisir sur Prince… Dis-moi ce que tu écoutes, je te dirais qui tu es.

Et encore aujourd’hui, j’aime qualifier ma façon de voir la vie de “rock&roll” !

 

Ma robe Alaïa.

 

 

J’avais 18 ans. Mon amie Katia dont les parents avaient des boutiques de fringues m’a offert cette robe. La première fois que j’atteignais l’inaccessible. Cette robe m’a procuré tellement de joie et de fierté. Et marque le début d’une loooooongue histoire d’amour avec mes placards. Je me demande souvent quel sera mon rapport avec les vêtements quand je serais vraiment vieille !

(Non, je ne rentre plus dedans depuis un petit moment)

 

 

 

J’aurais pu rajouter ma collection de sable des plages foulées dans le monde. N’étant jamais plus heureuse que quand je suis ailleurs. Ce paquet de vieilles lettres de mon adolescence avec des missives d’Antoine qui, du fin fond de ses vacances corréziennes, se demandait ce qui lui manquait le plus. Moi… ou sa moto ! Etc. etc.

Et vous que mettriez-vous dans votre petit musée perso?

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Et re-voilà mon marronnier de la fin janvier : mon anniversaire !

C’est quoi un marronnier?

“Un article, un reportage consacré à un événement récurrent et prévisible. Les sujets « débattus » dans un marronnier sont souvent simplistes, parfois mièvres.”

C’est quoi un anniversaire?

À peu près la même chose. Je vous en ai déjà  parlé , et là, et là…

Juste le nombre de bougies qui change. Et, c’est bien cela le problème.

Car chaque année, je me pose la même question : que ce soit mon anniversaire me fait-il VRAIMENT plaisir?

Avoir 56 ans ne me fait pas VRAIMENT plaisir. On ne va pas se mentir. La pente vers la soixantaine est de plus en plus savonneuse !

On se plaint du temps qui passe trop vite, de vieillir… Fêter son anniv, c’est marquer le coup… de vieux !

Mais en vrai, j’aime que ce soit mon anniversaire. J’ai toujours considéré que le 25 janvier était une jolie journée.

Ma journée d’anniversaire : C’est MON jour!

Quand je joue au loto ou à la roulette au casino, le 25 est toujours là (et ne m’a d’ailleurs que TRÈS peu rapporté).

Quand je me réveille le 25 au matin, je me sens toujours assez joyeuse, assez légère.
Ne boudant jamais mon plaisir des efforts déployés par mes proches, chaque année, pour laisser un petit mot qui ne soit pas exactement le même que celui de l’année dernière sur mon FB ou mon portable. J’aime cette journée où le téléphone ne sonne que pour du feel-good.

Je garde une certaine joie enfantine à souffler des bougies (enfin une seule, ça fait un paquet d’années que l’on ne met plus le nombre exact).

Bref, le 25 janvier, je reçois de l’amour.

Le 25 janvier assouvit mon besoin de reconnaissance

C’est finalement un chouette moment d’estime de soi où l’on peut se considérer comme quelqu’un d’un peu spécial.

Je me célèbre en me laissant fêter par les autres. 

Et, puis dans le fond, je ne me suis jamais sentie plus vieille le 26 au matin…

 

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Pour cette nouvelle année, pas de bonnes résolutions, plutôt “des intentions”, des directions…

J’aime bien l’idée !

J’ai découvert il y a quelques semaines la notion de “tableau de vision. Un outil de développement personnel qui part du principe que pour réaliser ses rêves, ses aspirations, il est utile de les visualiser.

L’objectif d’un tableau de vision/visualisation :  garder son esprit concentré sur son idéal et avoir une image claire de la vie que l’on aimerait avoir.

Concrètement, il faut trouver des images (magazines, catalogues, sur Internet, ses propres photos…) de chaque chose qui fait partie de son idéal. Elles peuvent représenter qui vous voulez devenir, les choses que vous voulez avoir dans votre vie, des sentiments que vous voulez ressentir etc. etc.

Le “tableau” ainsi réalisé n’a qu’un seul but : nous motiver. En le plaçant à un endroit où on le voit régulièrement, il nous procure une petite piqure de rappel de ce qui est important pour nous.

Alors,en cette période de bonnes résolutions, avec cette nouvelle année qui commence qui peut être considérée comme une nouvelle page blanche, j’ai un peu “arrangé” le concept à ma façon.
Force est d’admettre que je suis assez nulle en “collages”. J’adorerais arriver à faire des assemblages créatifs ET esthétiques. Ce n’est pas le cas.

Je me suis donc plutôt concentrée sur des mots, des phrases, des idées qui, je le souhaite, écriront, marqueront cette nouvelle année.

 

 

Pas sûre que je l’accroche au milieu de mon salon. Mais pourquoi pas en fond d’écran de mon ordi?

Et, tous ces mots, je vous les souhaite aussi. Une page blanche, c’est parfois un peu angoissant mais toujours tellement excitant.

TRÈS TRÈS BELLE ANNÉE À VOUS TOUS

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J’ai, quelque part au fond de ma tête, l’idée que vieillir, c’est devenir trop “raisonnable”. Et finalement, ce qui me ferait vraiment peur, c’est de me faire chi…

Car “Tout ce qui est sérieux me fait peur” (Lofti Akalay).

Et n’utilisons-nous pas le terme “vieux con” pour désigner tout ce qui n’est pas cool?

Moi, je veux rester cool. J’ai peur de commencer à avoir peur de tout, de ne plus jamais oser traverser en dehors des clous.

Ces petits questionnements me sont venus à la découverte du nouveau titre de Catherine Ringer, Senior, présenté dans mon post précédent.

Quand j’ai réalisé que Catherine Ringer avait 60 ans. Cette nana qui incarne à mes yeux Ma génération “sex, drugs et rock&roll”. La moitié des Rita Mitsoukou ne pouvait pas être aujourd’hui une “dame âgée”. Rangée?

Une génération avec une adolescence glorifiant le spleen, biberonnée à Lautréamont (” Je suis fils de l’homme et de la femme, d’après ce qu’on m’a dit. Ça m’étonne… je croyais être davantage !”) et bercée par les Sex pistols (NO FUTURE !)

Une génération un peu “borderline” qui a vécu dans l’excès parce que justement elle ne pensait jamais vieillir.

Comment accepter aujourd’hui d’aimer les mots fléchés en sirotant de la verveine? Ok, ce que je viens d’écrire est très cliché, mais vous voyez ce que je veux dire. D’ici quelques années, même le ski alpin sera devenu un sport extrème !

 

 

Heureusement, nous entrons de plus en plus dans une ” flat-age society”. Les différences générationnelles s’aplatissent. Les segmentations démographiques se font plus sur les goûts, les habitudes de vie que sur les âges. Bref, on peut vieillir dans son 501 et aller écouter ses idoles (également devenus vieilles alors qu’à une époque on ne donnait pas cher de leur peau.) dans  les plus grands stades de France. De plus en plus de seniors ont des comportements qui font paraître les générations précédentes conservatrices.

Bref, vieillir ok , mais en gardant une “rock attitude”,  le meilleur des anti-rides !

  • Une certaine nonchalance. Un regard toujours un peu distancié posé sur la vie. Continuer à ne pas se  prendre trop au sérieux.
  • Essayer de dompter ses peurs. À commencer par celle de l’imprévu.
  • Ne pas (trop) se soucier des conventions. Vieillir, c’est aussi peut-être enfin la chance de s’en libérer, de moins se soucier du regard des autres.  “Un homme a réussi sa vie s’il se lève le matin, va se coucher le soir, et fait ce qu’il veut entre les deux” (Bob Dylan). Voilà en fait une bonne façon d’envisager ses années senior ! 
  • Ok, la rockitude est souvent liée à l’excès, à des comportements à risques. En arrêtant de fumer (8 semaines youpi), j’ai parfois l’impression d’avoir abandonné le dernier bastion de ma rebellitude. Mais même Mick Jagger s’est mis à 3 heures de sport par jour pour pouvoir toujours sautiller de satisfaction ! C’est sûr, les soirées arrosées au Perrier/rondelle, c’est moins glam, mais le réveil moins douloureux. Si je veux une vieillesse qui me corresponde, joyeuse, active, audacieuse, créatrice… il faut prendre soin de la machine. C’est finalement, cela le plus important.

Alors, comme le chante Catherine Ringer :

Comme la partie dure

je la joue plus apaisée

Comme le temps s’accélère

je dois conduire mieux. »

 

Tout en essayant de continuer à traverser en dehors des clous.

 

 

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